Dessine moi la nuit

Rébellion d’une petite fille lune, celle qui craignait le jour et les flashs.

Je n’aimais pas l’école, les mensonges des enfants et la cruauté de la maitresse.

C’était une tueuse de rêves.

J’étais dans un monde à part, dans ma bulle, l’enfant des greniers qui se réfugiait dans les livres.

Héroine de contes fantastiques, Shérazade, la princesse cheveux d’ ébène ou Péneloppe attendant son Ulysse.

Je jouais a la marchande de pierres, je fumais les branches fines des arbres, une femme bien trop tôt.

Madame Soulier nous a demandé un matin de coucher sur une feuille blanche une jolie scène.

En ce qui m’a concerné, pas de soleil en coin, de petits sentiers allant ouvrir les portes des maisons a volets bleu ou de cyprès en bataille joyeuse avec les fleurs comme sur les autres dessins.

Moi j’ai juste pris un beau feutre noir et j’ai coloré la nuit, c’était un beau ciel, l’âme profonde de l’univers.

J’ai laissé éclater des petits blancs, les étoiles. Elle ont dessinées ma nuit.

J’ai brandi mon œuvre comme un drapeau pirate; mais j’ai dû passer de classes en classes avec mon geôlier montrer ma provocante.

Pour moi le soir était le plus magique moment, l’heure des prières et des histoires chuchotées …. pourquoi faut il préférer les jours ?

Je n’attendais pas de dormir pour songer.

Mes rêves je les fais désormais éveillée et je continu d’offrir des fleurs des champs plutôt que des industrielles. Je suis l’immortelle.

 

Un pas et je m’envole.

C’est marrant ce besoin de racines profondes conjugué a celui d’une fuite à tire d’ailes.

Je suis un paradoxe.

Alors comme ça je te fais penser aux ballons gonflés d’hélium  qu’on attache aux poignets des enfants ?

 

 

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Pour J. Soler .

 

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